Claudi Casanovas fait partie de cette génération d’artistes catalans de l’après-franquisme avec Jaume Plensa et Miguel Barcelo ayant chacun fait œuvre singulière dans leurs recherches de forme sculpturale et dans leur rapport avec un matériau : Jaume Plensa avec l’aluminium et le verre, Miguel Barcelo et Claudi Casanovas avec la terre.

L'orient a une place particulière dans le coeur des céramistes et des amateurs de grès. Cela tient pour une part à la civilisation du thé qui y trouve ses origines.

Je me souviens du thé en fin d'après-midi quand nous allions avec Jacqueline Lerat à La Borne pour reconstituer son stock de terre et que nous nous arrétions chez Elisabeth Joulia pour discuter autour d'une tasse de thé. Elle nous faisait choisir un de ses bols et nous préparait un excellent thè dans une de ses belles théières ventrues.

La Borne aujourd'hui reste un haut lieu du thé authentique en Europe.

David Louveau

Théiére (2013, collection JF Lerat)

Le céramiste et peintre Lucio Fontana (1899 - 1968) a eu une grande influence sur les arts de la deuxième moitié du XXè siècle. Son oeuvre est très présente dans la revue "Aujourd'hui". Dans le numéro 26 d'avril 1960 (page 31 à 33) Gillo Dorfles présente ses recherches si souvent renouvelées. Il souligne sa place de précurseur en libérant en Italie la sculpture de la figuration. Une de ses initiatives qui a interpelé les regards a été ses coupures et ses trous dans  ses peintures et ses céramiques. Chez Fontana, il y a violence. La rétrospective de son oeuvre au Musée d'art moderne de la ville de Paris (25 avril - 24 aout 2014) permet de parcourir cet univers surprenant pour des visiteurs trop cartésiens. La présence de céramiques dans une exposition parisienne, un rêve à vivre.

Jacqueline Lerat

Sculpture aux trois fentes (1960)

 

De 1955 à 1970, Jacqueline a vécu dans le jardin potager créé par les parents de Jean Lerat. Celui ci est structuré par 3 rangées de vigne et un grand mur à l'est qui le protége du voisinage.De 1970 à 1980, les fleurs s'imposent devant la maison. A partir de 1980 jusqu'au décés de Jean en 1992, la végétation itinérante est de moins en moins cantonnée.

A partir de cette date, cette végétation s'impose dans des limites organisées avec le jardinier qu'elle rémunère. Cependant cette forte naturalité du jardin n'est pas sans risques. Des espéces dominantes peuvent ainsi se croire tout permis. Les Berces du Caucase, il y a 20 ans ont dressé une garde rapprochée devant l'atelier en menaçant tout l'espace, les boutons d'or, il y a une dizaine d'années avaient envahi tout ce qui n'était pas cultivé, aujourd'hui profitant du décès de la gardienne de ces lieux, les grands bambous insidieusement ont envoyé leurs rhizomes dans toutes les directions.

Début mai les ancolies qui ont colonisé le jardin et les bourraches du potager dont les fleurs bleues complétent les salades s'épanouissent.

Sévres, cité de la céramique, accueille jusqu'au  19 mai  2014 une exposition des oeuvres céramiques de Pablo PICASSO. La Cité organise à cette occasion, le 24 mars, un colloque "Picasso, céramiste?" où les spécialistes de ce domaine seront présents. 

 Picasso aurait réalisé directement 4000 oeuvres en céramique. Sèvres en a retenu 150 qui  donnent un apperçu significatif du travail réalisé par l'artiste et l'atelier de Madoura à Vallauris qui l'a accueilli. Les moules de céramique de Madoura pour servir de suport au travail du peintre et donnés à Sévres occupent à juste titre une place importante dans la présentation.

Picasso a donné son accord à Madoura pour que des multiples de certains de ses originaux soient réalisés. Se faisant, il a aussi ouvert la voie à de nombreux suiveurs qui ont probablement limité la force de son message, n'ayant pas son génie. Mais l'artiste était au dessus de ces contingences et il a apprécié cette communauté artistique et économique qui s'est créée autour de la céramique à Vallauris et sa région.

Nous souhaitons aux visiteurs de ce site une excellente année 2014. Cette année sera celle des premiers préparatifs du catalogue raisonné des oeuvres des céramistes Jacqueline LERAT, née BOUVET (1920-2009) et  Jean LERAT (1913-1992). Leur activité créatrice s'étend de 1930 à 2009. Au cours de cette période, leurs motivations et leurs esthétiques ont profondément évolué. A partir de leur rencontre en 1943, ils ont travaillé ensemble, utilsant les mêmes terres, émaux et fours. Ils ont signé leur oeuvres d'une signature commune (JLERAT ou JJLERAT) à partir de 1945. Il est difficile pour un amateur de distinguer leurs oeuvres alors qu'une présentation systématique le permet pour 90%. D'autres sources comme les carnets de dessin peuvent faciliter l'attribution.

Chaque fois que j'emmène à La Borne des amis qui ne connaissent rien à la céramique, ils me posent les mêmes questions:

- Qu'est-ce que le grès?

- Comment le village a-t-il pu survivre à son isolement?

- Quelle est la place des céramistes de La Borne dans l'art contemporain?

Le texte ci-après est un essai de réponses aux deux dernières questions

Je ne suis pas un historien ni un critique d'art. Né à La Borne en 1946, j'ai simplement vécu cette deuxième moitié du XXe siècle en restant proche du milieu de la céramique par mes parents, attentif aux évolutions de l'art contemporain et partenaire du développement local de territoires en difficulté à l'occasion de mes postes de responsabilités à la DATAR ou dans différents ministéres.

La galerie Capazza (Paris-Nançay, grenier de Villâtre 18330 Nançay France) a édité en août 2012 un livre sur les oeuvres de Jean et Jacqueline LERAT exposées à cette période.

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