Après la table ronde "Autour de Jacqueline Lerat, les années1950 à La Borne"

La table ronde animée par Eric Moinet, Directeur du patrimoine et des collections de Sèvres, s'est tenue le 14 juin 2012 au Centre international d'étude pédagogique à deux pas de la Cité de la céramique. C'est l'ancienne école normale supérieure de Sèvres où le pére de Jacqueline Lerat, Jean Bouvet, a fait ses études de professeur d'histoire-géographie en 1913-1914- 1919.

Une trentaine de participants dont Sylvain Pascaud, le président du centre de céramique contemporaine, Jean-Pierre Gilbert le chroniqueur de l'actualité du village animateur du site "Gilblog" et une douzaine de  céramistes de La Borne qui avaient visité l'exposition "Jacqueline Lerat, l'être et la forme" le matin ont participé activement aux débats suscités par les exposés.

les participants

Eric Moinet a introduit la table ronde en indiquant que cette démarche serait reprise pour d'autres exposition. En s'appuyant sur l'histoire de Paul Beyer qui a terminé son activité créatrice à La Borne de 1942 à 1945,  il a montré le rôle de ce  céramiste reconnu par la critique qui a  répondu concrétement à l'inquiétude des services officiels qui dès 1912 s'inquiètaient de la régression de l'artisanat. Entre les deux guerre, diverses actions ont été entreprises dont certaines ont fait l'objet de récupération par les services de Vichy.

En 1942 c'est Georges-Henri Rivière directeur du musée des arts et traditions populaires et Duchatre, directeur de la manufacture de Sèvres qui ont incité Paul Beyer à s'installer à La Borne malgré son grand âge. Son influence sur les céramistes Bornois est perceptible dans les grands personages tournés de la crêche de Bourges réalisés par Jacqueline Lerat ou des représentations animales.

Anne Lajoix a eu la redoutable tâche de brosser le tableau de la céramique de ces années qui s'est concentrée dans un pôle méditerranéen autour de Vallauris, autour de La Borne et de Paris. Elle a à cette occasion fait revivre des céramistes parfois injustement oubliés. Elle souligne que la paix revenue la joie de vivre et d'enseigner marquent ces années; Au bord de la méditerranée, c'est enfait de multiples occasions qui offrent de nouvelles pistes de recherche (les peintures des grottes d'Altamira, les tanagra grecques, les poteries populaires d'Italie et d'Espagne, etc.) pour Picasso, Miro et les nombreux ateliers indépendants qui s'installent ces années là. Le cinéma avec le festival de Cannes est un relais de notoriété important. Le film de Jacques Tati "Mon oncle" met en valeur les oeuvres de Pol Chambost. Dès 1950 une réaction s'esquisse avec le grès qui exprime après les leçons de Leach et d'Hamada une certaine pureté mentale en lien avec les nouveaux standards de l'architecture.

Geneviève Becquart a présenté les recherches d'Elisabeth Joulia qui s'est installée à La Borne en 1949; Elle a souligné sa volonté de développer une approche de sculpteurs. Ceci ne l'a pas empéchée parallélement de de développer des pièces d'usages aux formes parfaites.

Jean-François Lerat a exploré le rôle de l'art sacré dans l'évolution des recherches de Jacqueline et Jean Lerat; En particulier il apparait que les deux revues majeures de cette époque "L'art sacré"  créée et gérée par les dominicains les révérends pères Couturier et Régamey d'une part et la revue Zodiaque animée par Dom Angelico Surchamp de l'abbaye bénédictine de "La pierre qui vire" d'autre part ont souligné la part moderne du sacré dans les philosophies orientales (Zen) et l'art abstrait.

Dans la discussion Nicole Crestou a souligné l'importance du  four à bois de Paul Beyer dans le développement d'atelier de céramistes autonomes.

Eric Moinet a montré comment l'absence de critiques d'art s'intéressant à ce média était néfaste au développement de cette forme d'art.

 

 

 

Propulsé par Drupal