Claude Champy, peintre? à La Borne jusqu'au 27 avril 2014

Au moment où un colloque à Sévres s'interroge sur l'engagement céramique du peintre Picasso, peut on se poser la question inverse de l'engagement de Claude Champy en peinture? A une question lors de la rencontre qui précédéda l'inauguration a La Borne, il indiqua qu'il se frotterait à la toile ou au papier lorsque le travail de la terre deviendrait une contrainte physique excessive.

De nombreux céramistes développent un travail pictural pour orner des formes traditionnelles. Or chez lui une part importante de son oeuvre tels les cycles des falaises et des grandes plaques s'appliquent à de grandes surfaces sur lesquelles il aime travailler les glissements de  matière et les couleurs révélées par le feu. Pour un peintre, on dirait qu'il est abstrait!

Cette démarche s'applique à des volumes dressés tels les falaises ou arrrondis qui créent des paysages à chaque fois renouvelés. Les matières par leur richesse que certains pourront trouver excessive gomme les formes. Il se crée ainsi entre les deux un équilibre propre à l'art de la céramique.

 

Les volumes ovoïdes qui représentent une approche nouvelle présentée pour la première fois à Londres à la galerie Matthew, Hall & Coe me paraissent plus convaincants que certains grands récipients présentés à la rétrospective au musée national de la céramique à Sèvres.en 2010. 

 

Certains amateurs reprochent le faible renouvellement des formes et des matières. A l'échelle de la mondialisation est ce perceptible? Cette démarche est assumée par le créateur qui n'a pas le sentiment d'avoir épuisé la diversité des combinaisons. Si parfois on a le sentiment d'être entre l'oeuvre  unique et le multiple, cela n'affaiblit pas le geste car l'espoir d'atteindre l'exceptionnel est toujours présent. L'artiste est là qui contrôle directement chaque nouvelle oeuvre.. Il faut souligner la volonté de Claude Champy de rester proche de ses amis et des amateurs. Il a rappelé qu'il produisait encore des pièces d'usage chaque année au début de l'hiver. Ainsi avec ses céramiques peintures et/ou sculptures, il souhaite aussi rester dans la vie quotidienne.

En venant à La Borne, Claude Champy revient à ses premières amitiés et au village où il a décidé de son destin d'artiste. Espéront que cette exposition récompensera cette fidélité.

A Bourges, le 10 avril 2014

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