Jacqueline Lerat et la peinture (1989-2009)

Dans sa maison, il y avait sur les murs des oeuvres d'amis ou de sa famille: une gravure de Justin Grégoire, des " sculptures" de Karen Hansen, une photo de Patrick Jaillot, quatre peintures de son fils qu'elle aurait aimé voir poursuivre une activité artistique, des aquarelles des plantes du jardin de sa petite fille Alice, une gouache d'Elisabeth Joulia achetée après son décès. Elle restait ainsi en tête à tête avec son proche univers. L'abstraction s'équilibrait avec une représentation sensible de la nature. Pour l'essentiel, il s'agisait d'oeuvres données. Jacqueline n'a jamais achetée de peinture alors qu'elle n'hésitait pas à acquérir de temps en temps une céramique.

A la fin de sa vie, Jacqueline poursuivait une relation suivie avec les peintres de sa génèration qu'elle estimait. On peut citer par exemple Klee; les anciens  peintres chinois, Alechinsky, Tapies, Dubuffet dont elle ne manquait aucune des expositions.

La relation la plus directe avec les jeunes peintres, se faisait à l'occasion de la programmation de la galerie de l'école des Beaux-Arts de Bourges, "La Box" dont elle était la présidente. Avec cette programmation, on peut se rendre compte que la peinture cédait du terrain avec les installations et la photo.

Le rituel parisien est resté intense. Elle préparait son séjour avec les recommandations de la revue Art-Press, son réseau d'amis. son frére et sa femme, Maryse et Maurice Bouvet. Je me souviens d'une journée en aout à la fin des années 1990 avec ma mère où toute la journée nous sommes passés de galeries, à Beaubourg, au musée d'art moderne de la ville de Paris, à d'autres galeries.  A la fin de la journée, j'étais complétement épuisé. Mais pour elle, chaque rencontre constituait comme une nouvelle dose de morphine qui la maintenait en pleine forme.

Elle note en tête son carnet "1991-1992" cette réflexion de Bram Van Velde: "Le peintre est celui qui ose entrer dans le labyrinthe et c'est lui qu'il rencontre". Cette pensée montre son évolution à cette époque où la philosophie et la poèsie prenaient le pas sur les points de vue esthétiques. Elle apprécie une oeuvre en fonction des réflexions qui pouvaient la sous-tendre. Avec l'expérience, sans renier ses premiers amours, elle donnait une importance accrue à cette dimension par rapport aux approches des arts décoratifs et de la mode.

(rédaction en cours en lien avec "peinture abstraite et céramique")

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