Obsèques de Jacqueline Lerat

Prononcé lors de ses obsèques. (Texte de Christian Gimonet)

Aujourd’hui Jacqueline rejoint Jean.

L’amour les avait unis dans leur passion commune pour un art trop mésestimé en France. Au Japon où l’art de la céramique est très prisé Jean et Jacqueline auraient été classés « trésors nationaux vivants ». C’est ainsi que là-bas on honore et protège les meilleurs artistes et artisans. Car il faut tout de même réaliser ce que ces deux êtres d’apparence fragile ont accompli.

Ils ont revivifié ce village de potiers qui un temps connut une apogée de l’art populaire. Par leur exigence artistique, ils ont donné le la à des artistes venus de tous les horizons qui dotent La Borne d’une aura quasi planétaire.

 

Ils firent de l’atelier de céramique de l’Ecole des Beaux Arts de Bourges un pôle d’attraction pour de jeunes futurs talents attirés par leur faire et leur verbe. Les paroles de Jean étaient rares mais profondes, Jacqueline plus loquace parlait bien. Ils formèrent des générations d’artistes.

 

Pour leurs œuvres, créant de concert, il était difficile de reconnaître la part de l’un, la part de l’autre. S’ils avaient délaissé le geste magique du potier façonnant la terre sur son tour, ils avaient leur propre alchimie, transmutant la terre, certes l’argile de La Borne avant de la soumettre au feu pour livrer ces œuvres superbes. A la fin de sa vie Jean produisit des œuvres étonnantes quasi métaphysiques. Restée seule Jacqueline gagnait une reconnaissance internationale. Ils produisirent peu, des œuvres longuement mûries, dont ils se séparaient avec peine. Ils vivaient dans leur propre musée, dans leur jardin extraordinaire.

La ville de Bourges , le département du Cher, la région Centre, l’Etat doivent prendre conscience de la stature de ces deux artistes, les plus grands de leur art dans la seconde moitié du siècle dernier. Leur œuvre devrait enrichir le Patrimoine commun.

 

François, Claire vous pouvez être fiers de vos parents et j’espère que cela vous donne la force dont vous avez besoin.

 

Jean, Jacqueline, mes chers amis, votre vie fut bien remplie , exemplaire. Vous pouvez reposer en paix.

 

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