Bernard Noël et la sculpture céramique

Bernard Noël, poète-écrivain né le 19 novembre 1930 est décédé le 13 avril 2021. Il a écrit un texte fondamental pour les sculpteurs en général et les céramistes en particulier.

Jacqueline Lerat, suite à une émission sur France Culture, a acheté son livre « Journal d’un regard » (Editions P.O.L, 1988). Après le décès de Jean Lerat, pour le catalogue de l’exposition rétrospective de l’œuvre de JJ Lerat de 1994 à la Maison de la culture de Bourges, elle a demandé aux éditions du Cercle d’Art de contacter Bernard Noël. Celui-ci, après un déplacement à Bourges a écrit un texte remarquable.

Il commence « La partie la plus étrange du corps humain est le dos ». Sa réflexion se poursuit surprenante par sa dimension poétique et philosophique.  « La main qui pose la limite en définissant le contour n’est pas différente de celle qui, en pétrissant l’intérieur, ouvre le fini à l’infini. ». Tout le texte est passionnant.

Cette rencontre a conduit Jacqueline Lerat à faire évoluer ses réflexions et son travail. Elle assimile chaque boulette de terre qu’elle utilise pour monter sa sculpture aux mots que le poète mets bout à bout.

A l’occasion de l’exposition Jean et Jacqueline Lerat en 2012 à la galerie Capazza (Nançay), j’ai véhiculé Bernard Noël, qui ne conduisait pas, entre sa maison de l’Aisne et Nançay. J’ai le souvenir, d’une maison assez banale extérieurement,  comme d’une grotte tapissée de livres. Nous avons eu son accord pour republier le texte, mais nous n’avons pas obtenu le complément que nous espérions après tant d’années passées. La redécouverte de ce texte oublié le satisfaisait manifestement.

Le texte de Bernard Noël est paru pour la première fois en 1994 dans la collection Le Pré du Cercle d’art. Il a été repris en 2012 dans le livre Jean et Jacqueline Lerat édité par la galerie Capazza (Nançay).

Jean-François Lerat, 1 mai 2021.

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