Par le feu, la couleur

Céramiques contemporaines

Musée des Beaux-Arts de Lyon

commissaire de l’exposition : Salima Hellal.


Jusqu’au 27 février 2022.

Lyon, situé sur l’axe Saône, Rhône et méditerranée a un musée des Beaux-Arts tout à fait exceptionnel où la céramique a une place éminente. Dans les années trente à cinquante, deux femmes parmi une marée d’hommes ont donné une dimension artistique à ce média. 60 km au sud à Moly Sabata, Anne
Dangar, une des premières céramistes des débuts du XXème siècle en a été l’initiatrice grâce à l’appui d’Albert Gleizes. Elle a inspiré Jacqueline Bouvet (Lerat) qui s’est formée à Mâcon, 70km au nord.


L’exposition « Par le feu, la couleur » conçue par Salima Hellal est la partie émergée d’un immense iceberg, celui de la céramique au sein du musée des Beaux-Arts de Lyon. Celui-ci contrairement à une structure comme le Centre Pompidou a des collections de céramiques grecques, islamiques, japonaises,
etc. qui font référence. Le visiteur peut en voir des éléments en parcourant les différentes salles. La direction du musée (Sylvie Ramond veut mettre en correspondance les différents façettes de l’art. On peut ainsi y voir le sculpteur Etienne-Martin confronté à la peinture moderne. Le département céramique va plus loin en confrontant des époques (Catherine Vanier au sein de collections hispano-mauresques). L’exposition a pu voir le jour grâce à la complicité entre la direction du musée et un ensemble de collectionneurs dont l’âme a été Denise et Michel Meynet.

Le catalogue présente un vaste panorama de la création française mais aussi espagnole ou japonaise. Ce qui frappe ce sont la diversité des expressions depuis la plus structurée jusqu’à la plus maniérée. Parmi les œuvres présentées à l’exposition trois sculptures murales nous interpellent, ce sont la « Composition murale » de 1995 de Claude Champy, la « Blanques montjoies per Odisseu » de Claudi Casanovas de 2010 et la « Meule dormante » de Bernard Dejonghe de 1991.


Le catalogue rend compte de l’exposition et de toute la collection contemporaine du musée. Certaines sont en dehors de la salle d’exposition dont Salima Hellal a préservé la belle harmonie. Il permet d’apprécier la démarche des donateurs et des artistes qui peuvent ainsi s’exprimer directement. Quatre
œuvres majeures de Jean Lerat y sont répertoriées, Le « Vase sculpture » de 1950, le « Paysage noir » de 1965, la « Crète dentelée » vers 1980 et la « Sculpture anthropomorphe » vers 1970. Elles font référence à différents mouvements de la peinture moderne en en évoquant l’esprit mais sans renier la
densité de la matière du grès.


Le visiteur devra revenir sur ses pas plusieurs fois avant d’apprécier toute la richesse des présentations et de cerner les démarches des créateurs exposés.

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